Aller au contenu principal
Fermer

Tickets-resto : les députés votent leur utilisation durable en supermarché
information fournie par AFP 12/10/2026 à 21:04

Les tickets-resto pourront continuer à servir au supermarché  ( AFP / Alain JOCARD )

Les tickets-resto pourront continuer à servir au supermarché ( AFP / Alain JOCARD )

Les tickets-resto pourront continuer à servir au supermarché : les députés ont voté lundi une proposition de loi pérennisant cette possibilité, malgré les inquiétudes des restaurateurs, qui réclament un traitement plus favorable face à la grande distribution.

Environ six millions de salariés bénéficient des titres-restaurant, des bons d'achat financés en partie par les employeurs et destinés, à l'origine, à payer leur déjeuner pendant leur journée de travail.

Pour la troisième fois depuis 2023, les tickets-resto revenaient dans l'hémicycle, au cours d'un vif débat, malgré des travées relativement clairsemées.

L'enjeu principal était de pérenniser une mesure instaurée en 2022 : la possibilité d'utiliser ses tickets pour acheter tous les produits alimentaires, y compris pâtes ou farine par exemple.

Une dérogation prolongée à deux reprises, qui doit expirer au 31 décembre. Le texte prévoit une reconduction d'un an, et une pérennisation à partir de 2028.

Les députés se sont largement retrouvés sur le principe, mais l'impact sur les restaurateurs a suscité davantage de divergences.

La part de la grande distribution dans les dépenses réglées avec des titres-restaurant est passée de 22% à 31% entre fin 2022 et mi-2024, selon les chiffres cités dans l'hémicycle.

L'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih), principale organisation patronale du secteur, s'inquiète de voir le titre-restaurant se transformer progressivement en "titre-caddie".

Pour tenter de soutenir les restaurateurs, plusieurs députés ont proposé d'instaurer deux plafonds quotidiens de dépenses : l'un pour les restaurants, l'autre pour les commerces alimentaires, avec un montant plus favorable aux premiers.

Actuellement, un salarié peut dépenser jusqu'à 25 euros par jour avec ses titres, quel que soit le commerce.

Richard Ramos (MoDem) a lui défendu en vain la fixation de montants par décret, après concertation avec les professionnels.

"Manger, ce n'est pas mettre des calories entre la lèvre supérieure et inférieure", a-t-il plaidé, alertant sur la situation des restaurateurs, selon lui "en train de crever".

Autre sujet de crispation : les commissions prélevées par les entreprises qui émettent les titres-restaurant.

Les employeurs achètent les titres auprès de ces sociétés, qui les mettent à disposition des salariés. Lorsqu'un salarié paie son repas ou ses courses, l'émetteur rembourse ensuite le commerçant, prélevant au passage des frais pouvant atteindre 4 à 5% de la somme.

Quatre acteurs historiques concentrent l'essentiel du marché.

En 2019, l'Autorité de la concurrence leur avait infligé près de 415 millions d'euros d'amendes pour des pratiques anticoncurrentielles.

"Un cartel rackette les petits patrons", a dénoncé le député LFI Hadrien Clouet, qui proposait de plafonner les commissions autour de 2%.

"On parle ici de rendre 2.000, 3.000, 4.000 euros par an aux commerçants", a-t-il insisté.

Au terme des échanges, le texte fixe un nouveau cadre mais sans plafond. Il donne également la possibilité au gouvernement de plafonner ultérieurement ces commissions par décret.

La réforme prévoit par ailleurs la dématérialisation complète des titres-restaurant à partir de 2028, leur utilisation les dimanches et jours fériés, et la généralisation de la possibilité d'en faire don à des associations d'aide alimentaire.

La proposition de loi, adoptée par 87 voix pour et aucune contre, doit désormais aller au Sénat.

1 commentaire

  • 22:15

    C’est une hérésie ! Il faut juste supprimer les titres restaurants et réintégrer au salaire, y compris les frais associés à ces titres.
    Ils financent juste des boites zombies qui n’ont aucune raison d’être. Pareil pour les chèques de noel ou de vacances dont un bon paquet sont finalement perdus car impossible à utiliser


Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

  • Emmanuel Macron, entouré de Luc Chatel, président de la Plateforme automobile (à gauche), et de François Provost, directeur général du groupe Renault, au Mondial de l’Auto à Paris, le 12 octobre 2026 ( POOL / Thibault Camus )
    information fournie par AFP 13.10.2026 00:07 

    Le Mondial de l'auto à Paris ouvre ses portes au public mardi, au lendemain de son inauguration par Emmanuel Macron, et environ 500.000 visiteurs sont attendus jusqu'à dimanche. Pour cette 91e édition, ils vont pouvoir tester (sur inscription) près de 90 modèles ... Lire la suite

  • Les députés se prononcent mardi sur la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles ( AFP / Martin LELIEVRE )
    information fournie par AFP 13.10.2026 00:06 

    Les députés se prononcent mardi sur la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, dont l'adoption ne fait guère de doute. Cap ensuite sur le Sénat, plus conservateur, avec la crainte pour ses défenseurs d'un détricotage des principales avancées obtenues. ... Lire la suite

  • Le budget entre dans l'hémicycle ( AFP / Dimitar DILKOFF )
    information fournie par AFP 13.10.2026 00:06 

    Déjà cerné par le mouvement lycéen, les inquiétudes sur le pouvoir d'achat et la crainte d'une crise financière, le gouvernement ouvre mardi dans l'hémicycle de l'Assemblée un autre dossier bouillant : le budget de l'Etat pour 2027, plus incertain que jamais faute ... Lire la suite

  • Des manifestants devant le lycée Toulouse Lautrec, à Toulouse le 12 octobre 2026 ( AFP / Ed JONES )
    information fournie par AFP 13.10.2026 00:05 

    Estimant n'avoir reçu "que des miettes", les lycéens appellent mardi à une nouvelle journée nationale de manifestations, alors que le gouvernement espère une décélération du mouvement à l'approche des vacances scolaires. A Paris, la manifestation étudiante et lycéenne ... Lire la suite

Pages les plus populaires